Et cette classe, c'est la mienne, la Seconde 8.
Y'a Pau' & Anna. Pis la coloc' d'allemand, Lidwine. Les copines de grève, Lucie, Aurore.
Et puis Laura, la première a qui j'ai parlé, et ses câlins au RDC.
Mais aussi Audrey, avec son Snow-boaaard en Sport.
Nasta, Suzanne et Justine que j'connais moins mais qui valent tout autant.
J'avoue que quand je suis tombée dans cette classe, j'connaissais personne et j'me disais que j'étais carrément pas comme tous ces gens. Et je m'étais gravement trompée. J'fais tous les jours un peu plus connaissance, et c'est là que je me dis que j'suis tombée sur des filles hors du commun, des filles en or, qui me manqueront surement l'année prochaine. Alors, voilà, j'vous embrasse fort les Crassouzes. ♥
Honte a moi : j'avais oublié de parler d'Eloïse. Mais que dire, que dire ? Bah Eloïse et moi, c'était l'SVT en début d'année, les "Merde, t'as compris ?", et maintenant c'est les soirées sur son lit ou le racontage de vie en étude, par SMS. N'empêche, Eloïse, bah on l'aime vite. Je t'embrasse fort. ♥
« On est partis, c'était fin juin, on s'est embrassé, serré la main, un pour tous et tous pour un, et puis chacun a pris son train. On avait tous aussi peur, on s'est juré la main sur l'coeur, qu'on s'reverrait avant dix ans. On s'est revus et maintenant, de temps en temps on s'invite, même si souvent on s'évite. On s'dit bien sûr j'm'en souviens, mais on s'rappelle de moins en moins, ça nous a pas rendus amers, on sait bien qu'on peut rien y faire. C'est la vie, c'est la vie, c'est la vie qui nous change, et qui dérange toutes nos grandes idées sur tout. C'est la vie, c'est la vie, c'est la vie qui décide, qui nous file des rides au coin des yeux et du coeur. A quoi ça sert d'aller contre? On perd sont temps, et quand on r'garde nos montres, tout à coup on comprend : y'en a qui ont fait des enfants, y'en a d'autres qui ont dit j'attends. On a tous aimé les femmes, on s'est tous trouvés du charme. On est tous devenus quelqu'un, dans son quartier ou plus loin. Bien sûr on s'est perdus de vue, mais on n'appelle pas ça perdu. On s'est traités de tous les noms, on s'est tombés dans les bras, on n'a pas osé dire non, on a dit oui quand fallait pas : ça nous a pas empêchés de continuer à s'aimer. Pour la vie, pour la vie, pour la vie qui nous change et qui dérange, toutes nos p'tites idées sur tout, pour la vie, pour la vie, pour la vie qui décide, qui nous file des rides au coin des yeux et du coeur. Pas besoin de faire semblant, ça sert à rien, chaque jour qui passe on apprend qu'on peut jouer sans être comédien. A quoi ça sert d'aller contre? Ca sert à rien. Chaque jour qui passe on apprend qu'on suit tous le même chemin. »